27 septembre 2006

Beaux Arts Atmophériques : la coupe est pleine...















-Mais oui bien sûr monsieur Subnotal, nous vous connaissons. Entrez de votre plein gré. C’est le long couloir à droite, celui qui ressemble à une ruelle de Venise.

-C’est joli cette cour à la fontaine. Dis-je

Subnotal fait un tour sur lui même.

-Le côté flon flon avec les guirlandes d’ampoules colorées, me plaît beaucoup.

Et il se dirige hardiment vers le bar de plein air. Il revient illico les mains vides.

-Le bar est fermé ; dit il, au bord de la crise de nerfs.

-Comment est-ce possible...

Subnotal se gratte la tête.

-Je m’y connais un peu en mécanique des fluides, je crois que c’est pour nous pousser vers la salle de concert.

-Allons-y

Je lui fais remarquer, que dans un coin, un bar sert des boissons joyeuses à l’anis.

Il ne daigne même pas me répondre. L’aurai-je insulté ? C’est vrai qu’a force de sucer la Veuve et d’autres bulles, moins papales, on lève facilement le nez sur le petit picrate des zincs.

Nous gravissons le grand escalier.

-Dépêchons nous...Premier levé, premier servi...

-C’est quand même chic comme endroit, dis-je, ce côté Benoît XVI, ces relents de théologies et de sculptures classiques...

- Ah voila dit-il, Paxti est en train de jouer.

-Ah oui, ce son inimitable.

- Eureka ! Le bar... Deux flûtes de champagne s’il vous plaît.

-Vous avez un bracelet blanc ?

-Un bracelet ! s’exclame Subnotal.

-Oui, nous ne servons que les artistes...

Passons sur l’ombre terrifiante qui s’abat sur la salle.

Flûte !

C’est vrai, on dit « flûte » pas coupe de champagne, pour ces trucs longs et minces... Mais si vous demandez « une flûte de champagne» à un serveur, pendant un instant, il ou elle, vous regarde, comme si vous avez dit « turlutte »... Heureusement, car çe serait gênant, la plupart du temps, ils se raccrochent au deuxième mot : « champagne » qui est une appellation contrôlée bien campée sur ses deux jambes. Croyez bien, cependant, que je préfèrerai dire « coupe de champagne », mais le monde ne semble plus adapté à cette esthétique, comme nous le verrons un peu plus bas... Mais chut ! Ecoutez...Une rumeur enfle dans la foule assoiffée et annonce que les bars, là bas...Peut être. Sans se faire prier, Subnotal file pleins gaz, et accompagné de Sadok Musak, ils fendent la foule comme un brise-glace dans l’Arctique.

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à Jeanne de Valois. Je tiens à préciser pour la galerie que Jeanne de Valois n’est pas ma maîtresse... Comme on à tendance à m’attribuer des conquêtes extraordinaires, je mets les points sur les i. Jeanne est née en 1756. Voyez-vous, ma courte vie n’y suffirait pas. Jeanne de Valois, la dernière des Amazones, n’avait qu’un sein, qui était, dit-on, magnifique, mais de l’épaule droite jusqu’à la ceinture rien, ou plutôt si, un torse glabre de jeune garçon. Et dire que nos mannequins vedettes se trouvent originales... Bon, passons sur les détails de l’affaire du collier de la reine, et remarquons au passage que c’est très certainement dans cette cour que Jeanne de Valois transportait son anguleuse beauté et rencontrait ses amants à l’ombre des statues antiques.. Tiens ! Un homme avec une veste de serpent à la Sailor et Lulla vient de passer devant moi. Et dire que je ne rêve qu’à Jeanne... Jeanne tirée par les cheveux, traînée sur l’échafaud, fustigée, bâillonnée, Jeanne qui se débat tant et si bien que le bourreau manque l’épaule, et la marque infamante du fer rouge à la fleur de Lys, s’incruste sur son unique sein.

C’est Caliostro, l’alchimiste, dit-on, qui a la mort de Jeanne de Valois, transforma le sein de l’Amazone, en une coupe parfaite qui appartint en son temps à Robert de Montesquiou. Si vous passez votre doigt sur le galbe du cristal, vous sentirez la forme et les nervures boursouflées d’une fleur de lys.

Alors, à défaut de goûter au calice, une misérable flûte me suffira ce soir. Et zut.

-Le bar est ouvert, me crie Subnotal.

Flûte !

































Hilary Swank dans le rôle de Jeane
de Valois (2002)

26 septembre 2006

Scoop : Un Hacker s’empare du trailer ultra secret de 300, le film de Zack Snyder.

Il s’agit d’une adaptation du roman graphique de Franck Miller sur la bataille des Thermopyles ayant opposée 300 guerriers spartiates à l’armée perse. Le trailer volé à ensuite été hébergé à l’insu d’un site web grec, le bien nommé « movies for the masses ». Les premiers à avoir eu vent de ce trailer extraordinaire furent Jonathan Frey et les JoBlo guys, qui citèrent la source... Il n’en fallut pas plus pour que les limiers de la Warner remontent la filière avec une efficacité à faire frémir Ben Laden...En quelques heures les trailers disparaissent de la toile entre le 25 et le 26 septembre 2006 : « VIDEO REMOVED AT WARNER'S REQUEST. ». Une question se pose, pour quelle raison Warner a-t-il retiré ce trailer ? L’ayant vu sur Culture café, je dois dire que j’ai été impressionné par la puissance visuelle, et la violence dégagée par les images... Rappelons au passage que cette oeuvre de Miller est déjà polémique puisqu’elle traite de l’héroïsme comme valeur principale de l’éducation spartiate, qui fut, rappelons le, une organisation sociale et militaire absolument unique dans l’histoire du monde. La vision de Miller est donc effrayante car les 300 héros spartiates sont au delà du concept d’humanité que nous partageons aujourd’hui... Warner a-t-il été effrayé par l'adaptation de Snyder, par l’effet qu'aurait un tel déferlement de violence sur les masses ? Ou est-ce simplement une manière de faire fonctionner le « buzz » ? Dans le dernier cas ce post est de la propagande indirecte, dans le cas contraire, tels des spartiates nanocheviks, crions « Movies for the mass ! », parfumons nos longs cheveux comme les guerriers lacédémoniens et mourrons, lentement...
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Voici le post qui a fait bondir la Warner :

Source: Movies for the Masses by: Jonathan Frey


I have heard tales of how insanely awesome 300 looks but, with no actual footage from the movie to treat my eyes with, just some images and posters, I hitherto couldn't reasonably promote my anticipation for the movie above "I bet that will be pretty cool." Man oh man, do things have a way of moving fast because I just spent three minutes alone with 300, watching its promo trailer, and I am now knocked up. The doctor says it's quintuplets and 300 and I are getting married in March. I mean it, check THIS TRAILER out at Movies for the Masses right now. And do it as quick as you can because there's a good chance it might disappear soon. The Zack Snyder-directed 300 opens March 9th, 2007.


25 septembre 2006

Der lumpen nanochevik

Barbey d'Aurevilly : "Morbleu, vicomte, je ne comprends pas, vous êtes pourtant treize à table !

in " Verlainiens et décadents" Gustave Le Rouge, Julliard 1993. Préface de Francis Lacassin.
( page 205)




























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21 septembre 2006

Paris en 1915 : Extrait de roman

Voici un extrait du chapitre II du roman " sans titre" sur lequel je suis en train de travailler. Le roman couvre une période allant de 1913 à 1921. Le premier chapitre décrit les combats livrés dans le massif de l'Argonne en 1915, par les Garibaldiens du 4ème Régiment de Marche du 1er Etranger, contre les troupes du Kronprinz. Le second chapitre tente de retracer la vie parisienne de 1915 et principalement le rôle des futuristes en France jusqu'à l'entrée officielle de l'Italie dans la guerre. Le bouillonnement intellectuel et festif de cette époque n'a pas d'équivalent, et vous noterez peut être avec "effroi" comment l'idée de la guerre s'était immiscée dans les esprits les plus brillants de l'époque. Il faut cependant remettre ce sentiment belliqueux dans son contexte car la plupart des artistes comme Cendrars, Apollinaire ou Marinetti, pensaient réellement que la guerre allait déboucher sur une nouvelle société. La première guerre mondiale, vue sous cet angle, est d'abord une terrifiante utopie. On pense bien sûr, aux Pâques sanglantes de 1916 en Irlande, à la révolution russe de 1917, ou aux derniers flibustiers de l'Adriatique.

Ce texte n'étant qu'une première version, un travail au burin, je m'excuse d'avance pour les imperfections du granit.






(...)


Je quittais l’hôpital le 10 avril 1915. Ma vue s’était rétablie mais je devais encore souffrir de violents maux de tête. Ma mémoire semblait se reconstituer par morceaux, comme un gigantesque puzzle dont je n’arrivais pas encore à déterminer l’agencement avant l’année 1914. Le Poète m’avait laissé un cahier dans lequel j’avais tenté d’écrire les souvenirs de mes combats de l’Argonne.

§

Lors de mon séjour à Paris, je suis descendu à l’hôtel des Ecoles, rue Delambre dans le quartier de Montparnasse. En me promenant du côté du jardin du Luxembourg, je m’arrêtais devant les petits éventaires des marchands de jouet dont les dais étaient adossés aux grilles. On y proposait toutes sortes de ballons, jeux de volants, cerceaux et cordes à sauter. On y vendait aussi des figurines en bois représentant des soldats belliqueux ainsi que des petits fusils à bouchon qui faisaient fureur en cette première année de guerre. Qui sait encore, de nos jours, que Georges Méliès, le génie français de l’art cinématographique, pauvre et oublié de tous, termina sa vie comme marchand de jouet avec sa femme Jehanne D’Alcy, la première vedette du cinéma ? J’achetais en son souvenir une petite lanterne magique qui projetait une histoire sur la conquête des étoiles.

Après le choc de la bataille de la Marne, la vie parisienne avait repris de plus belle. Les cafés étaient pleins de monde et les cabarets lançaient des revues patriotico-sentimentales dont le héros était le Grand Général, c’est-à-dire Joffre lui-même transformé en personnage d’Offenbach. Les chansons populaires tournant en ridicule les Boches, faisaient fureur dans la capitale française. Les journaux n’étaient pas en reste mais c’est surtout l’Italie qui était à l’honneur avec les gros titres sur les « enfants de Machiavel » accompagnés de cette mystérieuse interrogation « Que fera l’Italie ? ».

Je dérivais alors dans Paris, de cinéma en cinéma, et de café en café, depuis la Closerie des Lilas, fréquentée par des poètes et des écrivains français, jusqu’au Dôme, repaire de la bohème internationale et principalement scandinave de l’Académie Matisse, mais aussi très couru par les peintres de la rue de la Boétie. C’est cependant au Bal Bullier, au 31 boulevard de l’Observatoire, en face de la Closerie, que je retrouvais mes compatriotes italiens et notamment la plupart des futuristes. Garde rapprochée du peintre Severini, les futuristes parisiens portaient des vêtements « simultanéistes anti-neutralistes », principalement des gilets faits de patchworks géométriques et multicolores réalisés par les époux Delaunay. L’endroit était populaire pour ses grisettes et pour son chansonnier qui s’égosillait chaque soir sur son ridicule refrain :


Quand l’Italia va marcher

Avec les alleàata ?...

A la Pacà, ou Trinità,

Pacà, ou Trinità


Les Futuristes tels des dandys voyous, arboraient chacun un « oeil au beurre noir » récolté dans les tournées de théâtre futuriste interventionniste qui se terminaient inévitablement en rixe, considérée comme un moyen de communication très populaire, atechnique-dynamique-simulatané-autonome-irréel. Leur idole était d’ailleurs un boxeur noir américain du nom de Jack Johnson qui dansait le tango sous les arcades à caissons du bal Bullier. Ce formidable boxeur avait fuit son pays pour échapper aux lois sur la prostitution, le Mann Act qui interdisait la libre circulation des prostituées entre deux Etats. Il avait ainsi été condamné à un an de prison pour avoir arraché sa maîtresse blanche d'un bordel et l'avoir épousé. Il avait fuit son pays et était arrivé en France avec une cinquantaine de malles et une volonté féroce de faire la fête sans être inquiété par les lois racistes. « Jack Johnson est le prototype de l’homme moderne, m’affirma Luigi, jeune futuriste qui parlait dans un jargon marinettien : « Jack Johnson est l’homme+mouvement, sans passé, toujours dans le présent. Danser+boxer+danser+boxer. Touten lui n’est que « timing », rythmes, observation, fulgurance du mouvement propice = Kairos. »

J’allais de temps en temps boire des choppes de bière au café du Croissant, rue Montmartre, à deux pas du journal l’Humanité, ce même café ou Jean Jaurès avait été abattu par Raoul Villain le 31 juillet 1914. « C’est la guerre, ils ont tué Jaurès ! » tel avait été le cri du peuple de Paris qui ne s’était pas trompé, ni sur l’avenir, ni sur son désir inavoué : celui de s’affranchir de Jaurès, dernier rempart humaniste. Jaurès mort, le peuple était enfin libre de sombrer dans la barbarie moderne et de partir pour la « Der des der ! », la fleur au fusil, et le couteau de l’égorgeur entre les dents. Le lendemain du coup de révolver fatal, le premier août 1914, le gouvernement ordonnait la mobilisation générale.

§


Pendant que les hommes de troupes piétinaient dans la boue des tranchées, les futuristes, boxeurs, peintres et écrivains dansaient frénétiquement au Bal Bullier. Plus rien n’avait d’importance, débarrassé du carcan moraliste de l’ancien monde, hommes et femmes laissaient libre cours à leurs désirs les plus fous. Des inconnues aimaient brièvement des inconnus sous les portes cochères. Les femmes mûres étaient enlacées par des hommes trop jeunes pour mourir. Des jeunes filles, échappant à la vigilance de leurs mères, embrassaient des hommes qui auraient pu être leurs pères. Le champagne coulait à flot. On le buvait jusqu’à la lie. Les futuristes avaient raison, il fallait adorer la vitesse comme une déesse, plonger tête baissée vers le futur et chevaucher la grande machine du monde moderne.

Le jeune caporal Blaise Cendrars, poète et engagé volontaire dans la légion étrangère, se rendait souvent au bal Bullier lors de ses permissions. Lui-même faisait partie des premiers interventionnistes européens et il avait lancé un appel à tous ses amis artistes étrangers dans sa revue « les Hommes Nouveaux »...

« L’heure est grave. Tout homme digne de ce nom doit aujourd’hui agir… ». Apollinaire avait répondu à l'appel. D’origine polonaise par sa mère, et né en Italie de père italien, il avait été élevé à Monaco et en Allemagne. Comme

Cendrars, il désirait devenir un citoyen français. Mais il y avait aussi un sentiment diffus, une sorte de désir non-dit, presque coupable de se confronter à la guerre, une entité monstrueuse qui dépassait l’homme par sa grandiose fureur. Ainsi, l’auteur des Pâques à New York et celui de l’Hérésiarque, se voyaient tels des
Arioste modernes jonglant avec des balles remplies de 50 kilos de mélinite. Sacrifice, suicide, folie, instinct de mort ?

Nous nous doutions cependant que le nationalisme imbécile ne survivrait pas à une seule nuit de canonnade. Si nous ne voulions pas mourir comme de vulgaires poulets patriotiques nous devions déjà penser à l’après-guerre. Demain, les Futuristes italiens iront eux aussi se battre dans les tranchées labyrinthiques de la guerre de position, ils s’envoleront dans leurs aéroplanes et glisseront sur les océans avec leurs navires de guerre. Ils le savent, et ils le désirent, car ces lèvres rouges qu’ils baisent avec envie, n’est qu’un avant-goût du futur. Les futuristes sont plus dangereux que la guerre elle-même, leur arme est la fête, la dérision et la volonté. Il suffira seulement de mélanger les bulles de champagne avec les éclats de grenades pour que le vieux monde explose.

Au milieu de la piste Jack Johnson vient d’étaler un individu d’un unique coup de poing. Il s’empare de la compagne du malheureux et se lance dans une valse électrique en sautant par-dessus le corps inanimé.

- Ça c’est du futurisme, s’exclama Luigi. Dansons sur le passé !


En Italie, la campagne « interventionniste » en faveur d’une entrée en guerre de l’Italie aux côtés de la France, était orchestrée par F .T. Marinetti, le fondateur du mouvement futuriste, qui avait réussi à fédérer dans le même camp, les garibaldiens, les socialistes, et les anarcho-syndicalistes. Il s'était lancé à corps perdu dans les batailles futuristes, se lançant à l'assaut des conservatoires de musique, ou en envahissant l'université de Bologne pour donner des cours de futurisme. Après quatre jours de fronde estudiantine, le gouvernement conservateur faisait arrêter Marinetti afin de briser le mouvement interventionniste. Pourtant, de jour en jour, la contestation prenait de l’ampleur et faisait vaciller les certitudes de neutralité du gouvernement de Nitti. F.T Marinetti avait ainsi collaboré avec la revue syndicaliste Demolizione, d’inspiration extrémiste de gauche et sorélienne, afin de s’adresser directement à la classe ouvrière en donnant des conférences à la Bourse du Travail de Naples, ou au Cercle socialiste de Milan. La violence était ainsi considérée par une grande partie de la gauche italienne comme une force de progrès qui trouvait son application dans le slogan futuriste de « la gifle et le coup de poing », prémices d’une véritable révolution sociale. Marinetti publia ensuite le manifeste « Nos ennemis communs » ou il envisageait l’union des artistes, prolétaires de la culture, avec le prolétariat du travail. Les ennemis de classe était désignés et il fallait désormais s’attaquer aux racines du passéisme tels que le « cléricalisme, affairisme, moralisme, académisme, pédantisme, pacifisme et médiocrisme ». Ainsi, pour les futuristes, la guerre était vue comme la mise au point sanglante et nécessaire de la force d’un peuple. Cette guerre devait être le coup de grâce de l’ancien régime. C'était un pari risqué et désespéré qui explique en partie la fougue et le désir festif de tous ces jeunes artistes et intellectuels dont beaucoup pressentaient qu'ils n'en reviendraient jamais vivants.

La France était le champ de bataille des interventionnistes italiens qui y organisaient des soirées futuristes dans des théâtres ou le public était aimablement convié à répondre aux arguments et provocations des conférenciers par l’insulte et la violence. Les futuristes chantaient l’amour de la machine, de la vitesse, du danger, la lutte, la révolte et l’audace, la guerre, "le geste destructeur des anarchistes, les belles idées qui tuent, et le mépris de la femme ».

J’assistais un soir à une représentation de théâtre synthétique.

Les invectives fusaient dans la salle.

-Le mépris de la femme ? C’est bien la seule chose que j’aime chez vous ! répondit un opposant.

-Détrompe-toi bourgeois, c’est le mépris de TA femme que nous chantons. La femme molle. Le sentimentalisme à l’Allemande. Le romantisme de théâtre. Le clair de Lune sur tes histoires de grenouilles de bénitiers.

-Mort au clair de Lune ! Le cri s’éleva depuis un groupe de jeunes anarchistes.

-Vive la femme Futuriste ! criait Valentine de Saint Point affublée d'un gigantesque chapeau et accompagnée de suffragettes.

Ils s’attaquaient ainsi à la morale bourgeoise et aux bons sentiments tout en poussant la provocation jusqu’à prôner la destruction des musées et des bibliothèques.

Dans les travées la foule hurlait sa rage, et insultait les conférenciers. Une pluie de projectiles composée de tomates pourries tombait sur les futuristes, qui les évitaient par bonds successifs.

-Nous nous entraînons à éviter les grenades hurla Luigi.

Imperturbable, vêtu d’un frac, F.T. Marinetti, moustache en avant comme deux paratonnerres, s’avançait avec audace au-devant de la mitraille en récitant un poème, levant un doigt inquisiteur vers la foule. Pendant que Marinetti déclamait ses mots en liberté, j'ai ressenti comme la présence d'un aéroplane invisible qui survolait l'assemblée dans un bruit d'hélice et de rafales de vents. Les peintures futuristes placées sur des grands tréteaux servaient de redoutes à de jeunes futuristes qui renvoyaient les projectiles sur le public. Un homme pris de fureur se jeta sur un spectateur pour lui enlever ses chaussures. Le fou furieux lança une bottine qui frappa un futuriste en plein visage. L’homme s’écroula dans une mare de sang. Ce fût le signal de la bataille et la moitié de la salle composée de sympathisants se lança à l’attaque, tandis qu’un groupe de musiciens avec des cuivres et des percussions, inondait la salle d’une musique assourdissante. Les futuristes descendaient dans l'orchestre pour en venir aux mains. La boxe futuriste faisait toujours partie du spectacle. Marinetti était un véritable virtuose de l'esquive et de la volte. Il tournait sur lui même comme un matador en frac, un bras levé, esquivant les solides horions qui tombaient lamentablement dans le vide. Mais lorsqu'il se fendait comme à l'escrime, il touchait dans le mille, dans le nez ou l'estomac. Ses estocades étaient souvent décisives car il frappait dur, comme un piston d'acier. Lorsque la police pénétra dans le théâtre, ce fût un sauve qui peut général vers les cabarets les plus proches ou les valeureux pugilistes pouvaient se soûler sans compter jusqu'au petit matin.

Par ordre officieux du Tigre, chef du gouvernement français et anarchiste dans sa jeunesse, les futuristes étaient tolérés en France pour leurs positions en faveur de la guerre et la police intervenait toujours mollement pour réprimer les rixes et les désordres potaches de ces étranges trublions.

Le Poète, exilé à Arcachon, avait lui aussi rejoint le parti de la guerre. Par ses articles publiés dans de nombreux journaux, il évoquait la guerre comme une épreuve de la civilisation, un acte à la fois héroïque et mystique pour retrouver la noblesse antique. Il s’en prenait à ces vieillards fourbes et ineptes, qui gouvernaient l’Italie, depuis un commissariat et une épicerie de village. À la fois contradictoires et complémentaires, les visions prophétiques du Poète et celle de Marinetti, s’unissaient dans un désir d’action et de changement.

§

Le 3 mai 1915, je prenais le train pour Rome avec le Poète, accompagné de Peppino et Riccioti Garibaldi. Le 5 mai, nous étions à Gène pour l’inauguration du monument de Quarto ou le Poète en costume beige, monté sur un banc prononça son Orazione per la sagra dei Mille, devant un parterre estival de monsieurs élégants, têtes nues et canotiers à la main.

- Oui je sais Cellini, tout ceci est une farce, me dit le Poète en aparté, il n’y aura pas deux mille chemises rouges débarquant dans le port pour déclancher une révolution et marcher sur Rome... Cela n’a plus de sens de toute façon car le gouvernement italien à signé un pacte secret à Londres le 26 avril dernier pour l’entrée en guerre de l’Italie. Les interventionnistes ont gagné. La guerre nous attend ! Regardez la majestueuse chaîne des Alpes Cellini, voici notre nouveau champs de bataille. N’est-ce pas magnifique ?

18 septembre 2006

ManifesTH de THTH : Portrait synthétique et biomécanique











Sans avoir besoin d’une autre arène qu’une petite salle, sans le rituel verre d’eau des conférenciers, mais arborant un nounours et une bouteille de vodka. A moitié debout, les bras écartés étreignant une table à la manière d’un lutteur de Sumo, au milieu d’une foule agglutinée dans la sueur et les angles, THTH haranguait. L’espace de sa chaire semblait vide, mais pourtant rempli des hétéronymes Balasky & Co, et d’autres sombres héros nyctalopes. Les mouches volaient, elles avaient pour nom Platon, ou Nietzsche. THTH les écrasera sur la table d’un revers de main sans lever les yeux. Un feu couve sous le sombre crâne qui ressemble à cet instant aux cagoules de la loge Hermès des fables de Venise. C’est un feu au delà de la métaphore, le visage n’est plus que la bouche fumante d’un Volcan. Là bas, dans la joyeuse Pompéi nous entendons les flonflons de la Hype. Anus Mundi. Le sang est trop rouge, trop abondant comme une lave voulant toucher le Soleil pour le faire choir, telle une ridicule lampe verte. Les mots volent en liberté comme une nuée d’engoulevents, croassent et sifflent leurs imprécations. La parole jaillit, fuse comme une explosion de mitraille, lançant mille défis à la face du monde. Les mains de THTH étreignent la table comme s’il voulait la briser, son dos se cambre sous le triple effet des endorphines, de l’adrénaline, et de l’absinthe métaphysique. Les roches ardentes retombent sur la foule apeurée. Un oiseau noir s’envole. La terre se fend. C’est la fin. Le visage crispé d’un chaman épuisé, il cherche un coin pour échapper à l’exultation. Il n’y a pas d’échappatoire, les barreaux de la réalité se referment mais l’espace d’un instant, les portes du devenir se sont entrouvertes, laissant échapper dans l’univers une nuée ardente roulant vers Pompéi. Tel l’Etudiant de Salamanca, THTH disparaît alors dans l’ombre d’une ruelle.

Era más de media noche,
antiguas historias cuentan,
Cuando en sueño y en silencio
lóbrego envuelta la tierra,
los vivos muertos parecen,
los muertos la tumba dejan.

L’impasse des pavanes aux mille soupirs ou tout se fini pour que tout recommence sur la cendre des villes.

17 septembre 2006

Kipling,Vuitton, Opinel et cité de vie

Tout a commencé par Kipling, le vendeur de sacs, pas l’écrivain. Quoique ? Un sac finalement on le rempli avec ce que l’on veut. Et dans les sacs Kipling , on peut très bien y ranger l’Impérialisme, la colonisation et même son contraire qu’est la délocalisation mondialiste. On regarde ces petits sacs colorés en buvant du champagne rue Saint Honoré, en se disant qu’on ira peut être un jour travailler en Roumanie pour gagner sa croûte lyophilisée...

The white man burden
! Comme disait Rudyard Kipling. Et croyez moi, ça commence à faire lourd à porter, sans compter qu’en 68 ils nous ont foutus des pavés dans la besace pendant qu’ils se votaient des augmentations de salaire, tout en édulcorant leur vie avec le sel du pouvoir jusqu’à plus soif. Et si on commençait à vider notre sac, pour le remplir avec quelques doublons de l’île de la Tortue, une fiasque de rhum, un recueil de Rimbaud, et ces longs couteaux que les Espagnols appelaient des « miséricordes ». En attendant, ce n’est pas le bruit du ressac qu’on entend, mais le mix des Putafranges. J’aperçois, dans le reflet du miroir, la silhouette pensive et éthérée d’une Dijette. La vérité enfonce toutes les portes, même celle des marchands de sacs et dans l’angle obtus de l’open bar on peut apercevoir la saudade. Ce soir je suis très « Salgariste », un petit côté Sandokan et frère de la côte. Ça doit être l’association d’idées : mise à sac, par exemple. Mais ou sont nos cités de vie, nos Carthagènes des Indes à piller et nos Fiume illuminées ?

Rendez vous avec des gentilshommes de fortune dans une petite auberge sarde, dans l’arrière salle, celle des pirates et des cartes au trésor. Il y a aussi des vieux cartons et des énormes rouleaux de papier cul. On propose une expédition en Carélie, chez les surréalistes belges ou la fête de la bière de Munich ? En esthètes trempés dans du houblon, nous levons bien haut l’étendard de la Bavière et de Louis II.











Virée chez les contrebandiers de Moonfleet, dans la taverne, un boucanier au ventre énorme, et au
crâne chauve s’avance hébétée en faisant des Euh Euh. Il a reçus une drisse sur le crâne et est tombé dans un tonneau de rhum. Il ne s’en est jamais remis. Je m’éloigne prudemment de cet iceberg a la dérive. Je retrouve enfin le Capitaine, vétéran de Bosnie et du Rwanda, lui aussi, portefaix de la civilisation et spectateur dégoûté de la lâcheté des puissants. The white man burden ! Comme disait Rudyard Kipling. Au bar, un Américain à Paris, qui n’a rien d’un Gene Kelly, expose son corps gonflé à l’hormone bushienne.














Les nuits se suivent et ne se ressemblent pas. Course de scooters dans Paris, à griller les feux comme des cigarettes, et à sentir l’imbécile vent de la vitesse. C’est la nuit de Lord Valentin, on jongle avec les verres, en construisant des petites tours. Etait-ce le 11 septembre ?













Direction Vuitton, Poliakov a sortit son pied de poule. C’est son côté vaudou. Il égorge un gallinacé et il montre patte blanche à la portière. The Saint, très certainement...












La veuve Cliquot nous reçoit comme au One Two Two. On croise le musicien Sadok Musak, qui vient nous serrer la pogne. Il ne reste pas longtemps. « J’ai du sérieux à faire ce soir » Nous n’en saurons pas plus. Un orage explose sur Paris. Comme deux gros nuages lourds nous nous approchons d'une Munichoise pour lui parler de la fête de la bière . N’oubliez pas que nous sommes chez Vuitton.



-Alors comme ça vous êtes de Munich

-Oui je travaille tralallala

Poliakov Intervient.

-Munich ! fête de la bière

La drôlesse blonde écarquille les yeux .

-Nous comptons nous rendre à la fête de la bière, dis-je.

-Vous savez, il y a d’autres choses à voir a Munich

-Moi, j’aimerais bien voir l’inspecteur Derrick.

Ma parole, mais Poliakov enfonce le clou. Je me dis qu’il va falloir monter en puissance.

-C’est l’exotisme qui nous plaît, la tradition germanique de boire de la bière en chantant. Se taper sur les cuisses.

-Vous savez, il y a un million de buveurs à la Oktober fest, mais les Bavarois, ne vont JAMAIS à la fête de la bière.

( pensées immédiates...) : "C’est ça ma poule, tu nous prends pour des cons. Tu ne le sais pas, mais nous connaissons Ludwig II, le roi fou trahit par ses chers Bavarois...Alors continues à nous raconter des fadaises..."

-Les hommes avec des gros ventres et des shorts en cuir, ils ne sont pas Bavarois ?

-Non, ce sont des touristes.

Elle change subitement de sujet. Au dehors une pluie battante tombe sur les champs.

-Vous savez comment je peux trouver un taxi ?

-C’est même pas la peine d’y penser vous attendrez une heure sous la pluie en pure perte.

Mon accent de vérité prolétarienne la pétrifie.

-Comment dois-je faire ?

Cette fois on va la clouer au mur.

-Tu prends le métro.

Je crois qu’elle aurait été moins choquée si je lui avais proposé un Gang Bang à Montargis !

Voici notre Munichoise, citoyenne d’un pays d’esthètes buveurs de cognac, ou les hommes jouent du Schubert pendant que des hordes de touristes dégénérés, boivent et pissent sous de grosses tentes.

Elégamment, elle nous dit qu’elle doit partir. A peine à-t-elle tourné les talons, qu’elle glisse et se vautre sur le sol. La voila étalée de tout son long comme une serpillère en Prada.

-Mais c’est la fête de la bière, me dit Poliakov en éclatant de rire.

Un petit sourire spartakiste ne fait de mal à personne.

En tout cas, on ne prend pas le métro. Ah Non ! C’est course de vélocipèdes dans paris ce soir, passant à bride abattue devant place Bauveau en direction d’une langue de boeuf. Un homme dors du sommeil du juste encadré dans une fenêtre. Poésie urbaine au clair de lampadaire.






















Que serait le monde sans la culture ? Expo à la Glass Box. Minimaliste. Verre en plastoc.Wiskicoca. Il y a des Opinels, et un show inopiné pour un erotica.com ... Ah ! Que serait le monde sans l’érotisme et l’Opinel ? Les deux mamelles de la culture française : la délicatesse du libertin et la rude technologie du paysan auvergnat. Guido Keller désigne cette antinomie sous l’alliance du Lotus rouge et du Lotus marron. On jugera sur pièces de l’alliance de la chair lascive et d’une lame rugueuse glissée entre les cuisses.

C’est un signe de l’utopique cité de vie. Et même dans une Glass Box, le reflet déformé de la dernière vallée s’immisce dans les détails. Quand le cri de la vérité est lancé, il n’y a plus de doute.


16 septembre 2006

Le cri de la vérité par THTH



















Manifesth

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La Question ?

Pourquoi les figures de Guido Keller ou de Rakhmetov reviennent à cette époque précise ?

"Lipstick traces, une histoire secrète du XXe siècle" de Greil Marcus, donne un début de réponse...

12 septembre 2006

Enquête sur l’évolution de la littérature par un poseur de robinets…

Je viens de terminer « Quelqu’un d’autre » (2002) de Tonino Benacquista. J’ai toujours un plaisir certain à lire les romans de cet écrivain français. Il y a quelque chose en filigrane, un sentier souterrain qui relie tous les romans de Benacquista depuis les morsures de l’aube, la comedia des ratés, et ses derniers scénarios pour le cinéma. Nul besoin de sortir de la Sorbonne pour comprendre que Benacquista est un grand admirateur de Robert Louis Stevenson car son œuvre est une longue variation sur les questions posées par le grand écrivain victorien, celle du dédoublement et de la possibilité de changer de vie, pour changer la vie. On retrouve d’ailleurs cette problématique dans Martin Eden , le grand roman de Jack London, mais aussi chez Blaise Cendrars ou Frederic Prokosch. Pour coller à l’actualité, je dois dire que Benacquista est l’anti-Christine Angot de notre époque. La différence est de taille : celle d’une crotte de bique par rapport à l’Annapurna. Je ne veux pas dire par là que Benacquista à atteint les sommets de la littérature, mais qu’il à déjà dépassé les premiers camps de base. Il faut un courage certain pour entreprendre ce voyage. Hemingway lui-même, qui aspirait à devenir le plus grand écrivain de son époque, pleurait et s’effondrait littéralement en évoquant l’impossibilité de rattraper Dostoievsky. Mais comme le fait remarquer avec justesse Benacquista, il n’existe pas d’impossibilité à l’homme qui choisit de remonter la « Voie ». Le seul impératif est de se jurer de vaincre. Non pas dans le sens de détruire un adversaire, mais de lutter contre l’image prédéterminée que la société nous impose. Sortir du sillon, déconner dans le sens le plus trivial, n’est pas une petite péripétie de fin de journée, c’est un acte révolutionnaire subjectif. On peut donc lire « Quelqu’un d’autre » avec plusieurs niveaux de lecture et pour ma part je ne peux m’empêcher de penser au roman d’un révolutionnaire russe du nom de Tchernychevsky qui écrivit « Que faut-il faire ? ». L’ombre qui suit les deux personnages du roman de Benacquista c’est-à-dire Thierry Blin et Nicolas Gredzinsky, semble être l'avatar dialectique du terrible Rakhmetov, révolutionnaire froid qui ne touchait ni à l’alcool ni aux femmes et qui s’imposait une discipline de fer tout en se nourrissant de viande crue et en dormant sur une planche cloutée pour s’endurcir à la douleur.

« C’était une épreuve nécessaire, expliqua-t-il au médecin. Risquée peut être, mais nécessaire. Maintenant, je sais ce que je peux exiger de mon corps »

« Nous réclamons le bonheur pour les hommes et nous devons montrer par notre exemple que nous le réclamons, non pour satisfaire nos passions personnelles, mais pour l’humanité dans sa totalité » (…)

Les personnages de Benacquista, passants de l’ombre à la lumière, inversent la froide idéologie de Rakhmetov, il ne s’agit plus de lutter pour l’humanité, mais pour la liberté et la dignité humaine. Les héros de Benacquista sont ainsi moins des fanatiques révolutionnaires que des soldats de fortune, ou des pirates des temps modernes.

Mais de tels héros de fiction sont-ils pour autant inoffensifs ?

Souvenons-nous qu’il vint un temps ou chaque ville en Russie eut son propre Rakhmetov. La police tsariste, au désespoir, était confrontée à un personnage fictif qu’on ne pouvait arrêter, ni mettre en prison car c’est là qu’il était né, qu’il s’était enfuit, échappant à jamais à cette société qui l’avait engendrée et qu’il devait finalement détruire en 1917.

Le critique Dorrolioubov disait à propos de ce personnage « Nous sommes dans notre quête, assoiffés et impatients. Nous attendons quelqu’un qui puisse nous dire « Que faire »

La réponse de Benacquista est simple « Donnez vous trois ans pour devenir quelqu’un d’autre »

En d’autres temps Benacquista aurait été enfermé au ravelin Alexis pour y croupir pour le restant de ses jours. Par un heureux hasard alors que tous les regards se tournent vers les crottes de biques de l’Angot, nous pouvons tranquillement, dans l’ombre, poser nos robinets pour déverser des Rakhmetov par milliers…

09 septembre 2006

Voluptuous Panic, the erotic world of Weimar Berlin


Le Berlin des années 1920 tel que vous ne l'avez jamais vu. Des trottoirs de la prostitution en passant par la clinique du Dr Magnus Hirschfiel, le Einstein du sexe. Petite descente dans les bars interlopes et les cabarets. Exposer son corps au soleil dans les gigantesques organisations naturistes berlinoises comme le "territoire d'Adolf Koch" alliant communisme et nusdisme. Se ballader dans les " lesbian social club" comme le club Monbijou of the West, une organisation de 600 garçonnes... Collectionner les tableaux libertins de Manassé. (voir illustration ci dessous)
Ouvrage réalisé par un extraordinaire professeur de Berkeley appelé Mel Gordon : Voluptuous Panic, The erotic World of Weimar Berlin, Mel Gordon, Feral House, 2000. - (On peut parfois le trouver "Au regard moderne" rue Gît le coeur, à Paris.)
Il serait temps qu'un éditeur français se bouge le cul...