19 septembre 2007

Collateral - et vous n'irez plus en boite...




La scène de la boite de nuit dans Collateral de Michael Mann est certainement le plus bel exemple de combat en intérieur. La maîtrise du cinéaste est parfaite dans les séquences ou le tueur repère les gardes du corps en progressant dans la foule, et s'en débarrasse un par un en utilisant un nombre impressionnant de techniques : coup du lapin, techniques de bâton philippin, utilisation d'un couteau papillon, et arme à feu... On sent la présence du même "conseiller" technique que dans "Heat", Chris Ryan, le SAS le plus décoré d'Angleterre.


Collateral : Un film de chevalerie ?

Collateral
, considéré à tort comme un thriller nocturne, est en réalité un film initiatique. Le sens caché du film doit se chercher dans une forme d’adoubement entre un maître secret et un disciple. Collateral est d’abord un film sur la chevalerie dans son sens initiatique. Le tueur joué par Tom Cruise est un passeur, et même s’il joue le rôle du « chevalier noir », il incarne les valeurs nouvelles qui manquent au disciple, mais libre à ce dernier d’assimiler cet enseignement, et de devenir un autre homme. Michael Mann est un cinéaste qui semble appliquer la philosophie de Raymond Lulle (Ramon Llull), un philosophe médiéval, apôtre de la chevalerie mystique et initiatique. Il suffit d’ailleurs de revenir aux sources de l’œuvre de Mann, dans son adaptation de la forteresse noire, ou une entité monstrueuse se retourne contre les occupants SS de son château. Mais, de la même manière que dans Collateral, la « force sombre » devra être éliminée à la fin (catharsis). Ainsi, lorsque le chauffeur de taxi tue Tom Cruise, il s’agit moins d’un meurtre que d’un passage de flambeau. Cette philosophie du « passage » se retrouve d’ailleurs dans la plupart des films de Michael Mann. (Le dernier des Mohicans- le sixième sens-révélation, Heat, Ali)

C’est ce que Raymond Lulle appelait le Grand Art (Ars Magna) et Michael Mann est un Grand Maître.


1 commentaire:

Ludovic a dit…

Ahahah.. te lire de bon matin est toujours un plaisir "formicable"..