26 décembre 2008

Julien Coupat et le recours aux forêts...




























Le comité invisible ou la cellule invisible de Julien Coupat, à la lecture de leurs textes dans la revue Tiqqun et dans « l'insurrection qui vient », ne peut aucunement être rangé de la catégorie policière de l'extrême gauche... Tout d'abord le groupe de Julien Coupat est fondamentalement antimarxiste, puisqu'il ne considère plus que la lutte des classes et que le capitalisme-repoussoir est le moteur de la révolution. D'un point de vue purement idéologique, on peut considérer que les partis dit «de droite», comme celui qui est au pouvoir en France, sont beaucoup plus «marxistes» dans leur vision du monde que ne le sont les intellectuels de le revue Tiqqun... L'influence évidente des thèses de Blanqui, féroce opposant de Marx, viennent encore renforcer cette appartenance à un front antimarxiste. Cette étrange singularité est en outre soulignée par les références à Gramsci, penseur politique de premier plan et créateur d'un parti communiste italien libéré des pesanteurs marxistes. Le cas de Gramsci est tellement complexe que des hommes de droite se réfèrent souvent à lui pour souligner la justesse de certaines de ses analyses. Nous avons donc affaire à un groupe, chose singullière, qui prend aussi racine chez de nombreux penseurs «contestataires» de droite. Le cas du «Traité du rebelle ou le recours aux forêts» d'Ernst Jünger, nous renvoi à ces jeunes idéalistes sudistes de la guerre de sécession les Bushwhakers du Missouri, dandys aux cheveux longs vivants en réprouvés dans les forêts, combattant romantiquement pour le sud, mais fondamentalement hostiles à toute forme d'autorité étatique qu'elle soit de l'Union ou de la Confédération... Ainsi, ces étranges « extrémistes de gauche» diabolisés par le pouvoir, n'ont strictement rien à voir avec les fanatiques soixante-huitards des brigades rouges... Cette appartenance idéologique du groupe de Tarnac, est totalement hors norme dans l'extrême gauche, et son « anarchisme-libertaire» doit être comprit dans le sens «d'Anarque» tel que le définissait Ersnt Jünger. Les écrivains de la revue Tiqqun n'ont ainsi aucune culpabilité à convoquer de grands penseurs «bourgeois», poètes et écrivains, comme James Joyce, Baudelaire, Goethe et Klossowski … On sent aussi l'influence de l'ex-fasciste Curzio Malaparte, dont le petit livre « Technique du coup d'Etat» ( Malaparte sera emprisonné par Mussolini pour cet écrit), est très proche dans le fond de «L'insurrection qui vient» . L'influence de l'anarchisme américain, avec le concept de la TAZ d'Hakim Bey, mais aussi du courant «de droite» d'Ayn Rand (Objectivisme), est aussi clairement désigné dans l'idée « d'arrêter le moteur du monde», que l'on trouve dans les romans «The Foutainhead» et « Atlas Shrugged»... Dans ce dernier roman Ayn Rand critique la société en imaginant ce que deviendrait le monde si les « hommes de l'esprit » décidaient de se retirer dans les forêts : En l'absence de ceux qui supportent le monde, tel le légendaire géant Atlas, c'est la société qui s'écroule... Apparemment, c'est déjà le cas... Les hommes de l'esprit sont dans les forêts ou en prison...



"Mèche courte !"
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Article sur le "Traité du rebelle" de Jünger dans la revue des ressources

Gérard Coupat « Craignant sa révolte, le pouvoir met la jeunesse en taule

24 décembre 2008

Joyeux Noël ;)

Sortie du nouveau Standard Magazine


























Sortie le 7 janvier du nouveau Standard Magazine spécial "Bad", violence et colère. Vous y trouverez un petit article de moi sur les 10 manières de tuer un homme... 

Photobucket

23 décembre 2008

Ceux qui ont fabriqué Julien Coupat...




Julien Coupat n'a commencé à exister que lorsque les forces de police sont venus l'arrêter dans son domaine de Tarnac. L'intellectuel néo blanquiste antimarxiste était suivit depuis plus de 6 mois par les services de renseignement français mais aussi américains... Chacun de ses faits et gestes étaient notés, étudiés, traduits en plusieurs langues... A ce titre on peut déjà se poser la question d'une République, véritable nid d'espions où des James Bond espagnols, américains, russes et j'en passe depuis les Albanais, les Turc, les Sri lankais, les Tamouls etc... qui se la jouent bac à sable dans notre beau pays à la Charles Trénet. C'est la France où GTA IV ? Le Monocle rit jaune, et il n'est pas content... Comme le disait Brassens notre poète national, il y a quelque chose de pourri au Royaume de Truanderie... Tout d'abord, ces lignes de TGV, véritables gibets de Montfaucon des néo anarchistes, qui sont depuis quelques années les lignes de fuite d'une étrange guerre secrète entre services, barbouzes, espions et provocateurs... On se souvient de la mystérieuse affaire du groupe AZF et de ses terroristes aussi efficaces, élusifs et ludiques que nos meilleurs groupes actions... Bizarre, vous avez dit bizarre... On se demande comment un groupe surveillé vivant dans une épicerie (quelle horreur !) à pu fabriquer et manufacturer ces énormes et complexes crochets à accrocher au dessus des TGV ? Imaginons un instant Julien Coupat, intellectuel à lunettes et sa petite amie, s'arrêter en pleine campagne déguisés en ninjas, découpant les grillages avec la dextérité de SAS, et escaladant des lignes à haute tension avec leur énorme crochet … puis retournant dans leur voiture comme s'ils avaient été faire pipi sous les yeux de toutes les polices du monde... Hé hé … Inutile de nous faire prendre des vessies pour des lanternes... Réaliser une telle opération nécessite des hommes entraînés... Demandez à Fairnbarn, l'inventeur des commandos. Are you insane ? Vous répondra-t-il. D'ailleurs, les plans de ces crochets à arrêter les trains ne se trouvent pas dans le livre du « comité invisible» mais dans les manuels de sabotage des spetnatz, SAS, commandos, services spéciaux...

Julien Coupat s'est trompé sur une chose, cette «insurrection qui vient» n'est aucunement le fait de révoltés mais est dû à l'action même de ceux qui redoutent cette utopiste insurrection : l'incurie, la bêtise, l'apparition de pingouins ridicules dans les médias, les phrases péremptoires, les lieux communs... C'est ceux que Netchaiev appelait les «idiots utiles», ce sont les véritables anarchistes malgré eux, des cas d'école de la mise en branle de la machine à déconner... Relire « un Homme nommé Jeudi » de Chesterton... Nous étions bien tranquille à pester contre les banquiers voleurs, les Madoff et autres terroristes capitalistes capables de dilapider la moitié de la richesse mondiale en costume cravate... Nous étions, hommes et femmes de gauche et de droite, de fort mauvaise humeur de voir la manière dont ces incendiaires étaient récompensés à coups de milliards ! Il ne faut pas trop nous chercher en ce moment... Voir des policiers entrer dans le restaurant l'Hotel du nord, au coeur de Paris, avec des pistolets mitrailleurs, à beaucoup énervé certains clients qui leur ont dit de retourner en Colombie! Et puis quel choc que de voir le papa de Julien à la télé, avec sa dégaine de père modèle à la Gilles Deleuze en pull violet, Gérard Coupat,  monsieur digne et franchouillard comme on en avait pas vu depuis longtemps, devient le papa rêvé des Français... Déja une légende, notre petit père du peuple ! La France, soudain, retrouvait à travers l'affaire Coupat, l'esprit de Victor Hugo... Et quand on fait entrer l'auteur des Misérables dans l'imaginaire d'un peuple, c'est qu'il ne faut pas trop nous chercher en ce moment, c'est sûr ! Et voilà qu'ils nous apportent un Julien Coupat sur un plateau d'argent, de la même manière que les Romains ont inventé le Christ... N'apprendront-ils jamais ? Singulière célébrité flash, voici que le Coupat est numéro 7 (le Prisonnier), dans la Powerlist des 100 personalités de l'année du magazine Technikart ! Et voilà que du côté de la Grèce, nous vient la « contagion grecque » comme le souffle d'un Saint Paul sous extasy. En ce moment, il y a une grande volatilité de la bourse et de la bêtise... Certains commencent à sentir que le vieux continent sent le sapin, et que les époques ou les hommes politiques veulent accrocher leurs adversaires à des crocs de bouchers, ne sont pas les plus tranquilles... Nous qui voulions vivre dans la sérénité, c'est râpé, voila qu'un petit fonctionnaire anonyme a décidé, ce génie du mal, de réinventer le mythe anarchiste en 2008... Dire qu'il va nous falloir relire Dostoïevski, Bakounine, Stirner, Kropotkine et abandonner nos saines lectures ! Finis les livres de Christine Angot, Catherine Millet, Alexandre Jardin, finis ces philosophes merveilleusement bourgeois comme BHL ou Alain Minc... C'est la grande crise. Avec Julien Coupat on ne va pas y couper... Vous êtes chiants alors ! C'est malin...







Lecture croisée au Chacha Club avec Natan Hercberg















(photo de Gilles)

Lecture croisée avec Natan dans ce haut lieu de la branchitude, devenu l'espace d'une nuit un café littéraire... grâce à Daniele Tedeschi est ses dimanche soir "Aperitivo" !


13 novembre 2008

Du sabotage et de ses incertitudes


Je me souviens l'ouvrage intitulé « l'insurrection qui vient» écrit par un mystérieux «comité invisible» et tout ce que je peux dire est qu'il s'agit d'une ouvrage de haute volée intellectuelle que l'on partage ou non ses idées. Ainsi, le témoignage à charge, d'un ancien fonctionnaire de la sécurité publique,à la télévision, montre que ce dernier, même « haut fonctionnaire», était d'un niveau intellectuel particulièrement bas, à la limite du supportable. Et on suppose donc qu'il a été choisi pour ce rôle principalement pour son manque de qualités intellectuelles... Ainsi, lors des actes de sabotages des lignes de TGV, on supposa qu'un groupe de « libertaires», «anarchistes», «ultra gauches» etc... sans bien savoir de quoi l'on parlait, s'était lancé dans une action violente contre le réseau ferroviaire français... Waou ! On se demande comment "l'auteur" d'un tel livre pouvait prendre le risque inutile de perturber un réseau ferroviaire en pure perte ? Cela ne cadre pas avec  le cadre, justement... Sauf volonté singulière de se faire attraper... (ce qui est possible !). Quoiqu'il en soit, l' apparition publique de ce Julien Coupat, ne pourra manquer de poser un problème considérable au pouvoir et aux institutions. L'homme devient par la grâce de l'enquête policière, une sorte de Prince Bakounine, un révolté, un activiste aux capacités intellectuelles et théoriques bien supérieures à ceux qui l'arrêtent. Le mouvement était donc idiot :lL'homme, auparavant anonyme, prend une dimension particulière, et le peuple est intrigué et parfois même en admiration devant l'ingéniosité du processus mis en place pour bloquer l'institution la plus onéreuse de la république... Cela fait longtemps que les familles ne jouent plus aux petits trains mais l'État est resté à ce niveau un grand enfant. Le monopole du rail règne d'une manière tyrannique sur les déplacements d'un peuple démocratique... Inutile de faire un dessin de comptable, n'importe quel imbécile venu est capable de comprendre que le bus est un moyen de déplacement plus rapide, et moins cher dans la plupart des cas. La police des rails était l'ancêtre des services secrets, cela explique l'intérêt pour cette affaire sommes toute banale comparée aux actions du groupe Résistance-Fer en 1944.  Quoiqu'il en soit, la naissance médiatique du brillant Julien Coupat ne manquera pas de ridiculiser aussi bien les partis institutionnels d'extrême gauche, que le pouvoir en place. On imagine mal les idiots soixante-huitards patentés des partis d'extrême gauche et les petits bourgeois maladifs du parti au pouvoir, comprendre, et arriver à se sortir de l'impasse idéologique dans laquelle ils se trouvent... Il parait évident que les actes de sabotages ont renforcés d'une manière efficace les processus de défense du réseau ferroviaire et que des milliers d'emplois ont ainsi été virtuellement sauvés, car il faut du monde pour protéger un réseau de plus de 30 000 kilomètres... Aujourd'hui, l'État a donc les mains liées dans le cas d'un éventuel assainissement budgétaire de sa danseuse électrique. Paradoxe étonnant : ceci n'aurait aucune conséquence en temps normal, mais l'effondrement du système financier selon les modalités impitoyables des deux lois de la thermodynamique, ne peut qu'affaiblir le pouvoir face aux organes dirigeants du système ferroviaire. On peut ainsi imaginer qu'un écroulement significatif de l'économie conduira à l'hégémonie monétaire ( et politique : Un Etat-Rail) de la SNCF...Irons-nous alors jusqu'à cette absurdité, et la fin ultime d'un système en perte de légitimité ? Il n'est pas dans notre intention de préciser quelles seront les conséquences qui pourraient naître d'une telle gabegie, mais parions que l'incarcération de ce mystérieux Julien Coupat, provoquera un jour un effet non voulu... A force de mettre des imbéciles à des postes importants, on récolte ce que l'on a semé... Mauvaise pioche !

11 novembre 2008

J'ai bien connu le consul.















(Texte lu au Cercle Pan - Soirée hommage à Malcolm Lowry)


Toute sa vie le Consul a cherché quelques chose qu'il ne trouva jamais. Et pourquoi ne trouva t-il jamais ? Parce qu'il n'en connaissait pas le nom, il l'avait peut être oublié ou rêvé ? Mais le Consul n'était pas homme a abandonner. Il s'arrêtait le long de la via dolorosa, cherchant la femme qu'il aimait et qu'il ne trouva jamais ... Alors il buvait un verre, et continuait le long de cette épouvantable artère longue comme le temps. Et vous vous dîtes, mais que cherchait-t-il en fin de compte, l'amour la mort ? Quelle terrible destiné, quelle souffrance, pourquoi ne pas s'arrêter, prendre un verre de strychnine de trop ? Si vous aviez entendu le rire du Consul, vous comprendriez qu'il n'était pas du genre à pousser des cris de pleureuse. Oh non ! Le Consul c'était un verre et on repart. Le consul c'était un trou boueux, et au suivant, comme à Verdun. Certains voient la vie du Consul comme une tragédie d'alcoolique, de fêtard et de libertin avec la mort au bout comme punition. Mais le Consul croyez moi, et je l'ai bien connu, le Consul savait égayer la morne vie des cantinas du Mexique. Il était capable de vous transformer le moindre rade en palais des mille et une nuit. Les pires égorgeurs et desperados des territoires du nord venaient lui boire dans la main. La voie du Consul était celle de l'incertitude... C'est comme si vous montiez vers le sommet d'une montagne petit à petit étouffé par le manque d'oxygène. Un homme normal redescendrait, mais le Consul, lui, avance, parce qu'il sait que tant qu'il avance, il est libre. Alors il boit, à chaque pas, mais il ne s'arrête pas... S'arrêter c'est vivre certainement, mais c'est aussi redescendre, mourir dans la vie, redevenir l'homme du juste milieu, et regarder le temps qu'il vous reste à vivre en pensant a cette demi bouteille vide qui deviendra votre horizon.

Je peux vous affirmer que la question du suicide n'avait aucun sens pour lui, ce qu'il voulait c'était arriver à l'extrême limite de ses sens et de ses possibilités, cela n'a rien avoir avec le suicide, c'est même le contraire... Oui, je sais, les contraires se rejoignent, c'est vrai...

Mais ce qu'il faut d'audace et de joie pour marcher au bord du précipice, ce qu'il faut de temps, de courage et de patience pour arriver jusqu'au dernier barreau de l'échelle, et atteindre ce ravin aux ordures ! Ce canyon aux Loups où il est mort. Ce ravin, vous pouvez aussi le voir comme une image inversée, comme un paysage kabbalistique qui prend une autre forme ; celle des Métamorphoses d'Apulée, et ces quelques vers « Laisse nous nous abimer en riant, /En riant disparaître». C'était la voie du Consul.

Au dessous du volcan est un livre optimiste, car on peut le lire à l'envers, de la mort à l'amour, comme un serpent qui se mort la queue. 

Le secret de ce livre, c'est que la fiction à cessée d'exister au moment même où la la réalité cessait d'exister dans la fiction. 

Buvez du Mezcal, et vous comprendrez ce que je veux dire...

Au Consul !

25 octobre 2008

Du romanesque en particulier...











Historiquement, le romanesque naît vers le 17e siècle. IL est une tentative de relancer la machine narrative en ordonnant de petites aventures séquentielles, multipliant l'apparition de personnages fluctuants obéissants à une arithmétique d'équilibre sociétal. Le romanesque moderne s'inscrit dans la volonté de retourner à un réalisme social, version social démocrate du réalisme socialiste. Il ne s'agit plus de retranscrire dans la forme et le fond les énergies vitales des avant-garde à vocation historique et idéologique, mais au contraire de leur opposer une vision éthologique. De 1917 à 1930 , les avant gardes soviétiques, futuristes, constructivistes furent progressivement exterminées dans la lutte qui les opposaient au romanesque stalinien : retour au théâtre petit bourgeois ontologique, retour au classicisme pictural et plastique. Malaparte avait affirmé qu'Hitler était une femme, ce qui lui valut l'exil. Que voulait-il dire ? Sinon que le Tyran et ses représentations de propagande « androgyne », plait aux femmes et au peuple. Il ne s'agit pas, évidemment de la femme dans sa singularité, mais du principe féminin inventé par une certaine culture bourgeoise. Staline lui aussi était une midinette. Le romanesque populiste est une véritable idéologie« respirant l'amour et la mollesse », comme le disait Rousseau. Mais cette «mollesse» est aussi celle du «maître venu d'Allemagne» de Celan, ou du Portier de nuit de Liliana Cavana... Lorsque le chorégraphe Meyerhold fut exécuté d'une balle dans la nuque dans les caves de la Loubianka, c'est le romanesque qui tenait le révolver. Il ne s'agit pas d'exagération, Meyerhold a été assassiné pour laisser la place à une théâtre de boulevard... Il n'a pas été assassiné parce que Staline était très méchant... 

(Photo de l'arrestation de Meyerhold)

09 octobre 2008

Révolutions A et B










Dans mon texte du 10 mai 2008 ," La seconde révolution française ?", je posais la question du renversement des valeurs entre une période A et une période B :«Les causes différentes ne produisant pas les mêmes effets, Jonas Salk avait démontré que certaines valeurs considérées comme positives lors d'une période A, pouvaient devenir négatives lors d'une période B… Constatons que ce que nous considérons aujourd'hui comme des valeurs positives, ne sont peut être en fin de compte que de nouvelles valeurs négatives produisant des effets désastreux.»

Plongé dans l'actualité récente de l'effondrement du système financier dans ce qu'on appelle déjà la «Grande Crise», il apparait de plus en plus que ce phénomène de transition de phase est en marche... Le livre de Bruce Bégout « de la décence ordinaire» sur les théories de George Orwell, viennent affiner d'une manière singulière la critique sur la perte de légitimité des classes dirigeantes qui ont oublié l'importance fondamentale de la «décence ordinaire»... Il y a quelques années, les anciennes valeurs prédatrice de l'ambition personnelle, du profit et de l'absence de sens moral avaient déjà été analysé dans le roman « American Psycho» de Brett Easton Ellis. Et ce système financier, personnalisé par un psychopathe, n'est autre que la clé de voûte d'un système beaucoup plus vaste dont ce sont toutes les valeurs jadis dominantes qui deviennent obsolètes en période B.

Avec cette faillite du système du capitalisme mondialiste ( ne pas confondre avec le capitalisme), c'est la politique, l'éducation,la justice, la police etc... ainsi que tous les rapports sociaux qui sont remis en question. Tout se démaille, s'étiole alors que des trilliards de dollars et d'euros s'enfoncent dans l'obblivion et les trou noirs... Cette entropie déclenchée par les «cybernautes» du système devient même incompréhensible pour les plus brillants mathématiciens. On comprend cependant que ce phénomène est née d'une perversion et un détournement du capitalisme en manipulant les données, organisant la corruption, mais aussi par une volonté de puissance associée à l'appât du gain, le vol et le mensonge. 

Période A point final.

Une révolution survient quand une période A en décadence ne peut assurer sa survie qu'en asservissant davantage les hommes de la période B (Aristocratie/Peuple lors de la révolution française). Il s'ensuit une lutte, parfois violente entre une classe aux abois et la nouvelle société en gestation. Ainsi en Russie, de 1805 à 1917, la lutte des décembristes puis des socialistes révolutionnaires contre la Tsar, et la terrible répression symbolisée par la forteresse Pierre et Paul, aboutit finalement à la chute inéluctable du régime tsariste.

A l'heure actuelle les signes avant-coureurs d'une contre-réaction violente et coercitive déclenchée au nom d'intérêts supérieurs du pouvoir est déjà en place. Ainsi ,le 7 août 2008, le sommet du G4 annonça la fin de l'Europe, et la lutte pour la survie individuelle des entités qui la composent. Chacun affute ses armes pour survivre au monde et à ses propres citoyens...

Le temps de l'indécence extraordinaire est venue. Ainsi, n'oublions pas, quand l'Empire Aztèque fut confronté au nouveau monde des Conquistadores, qu'il s'empressa de sacrifier en masse ses propres sujets comme aujourd'hui nos dirigeants jettent des milliards d'euros dans des puits sans fonds... Les Aztèques sacrifièrent ainsi en trois jours 90 000 jeunes hommes et femmes. Des chaînes ininterrompues, abruties par la drogue, gravissaient ainsi les degrés des pyramides pendant que des prêtres recouverts de sang arrachaient à la chaîne les cœurs encore palpitants. Les corps étaient ensuite jetés sur les marches, le sang frais dégoulinant sur le sang noir séché. Des braséros aux fumées toxiques repoussaient dificilement l'énorme bourdonnement des mouches qui s'abattaient sur des corps recouverts de larves, pendant que des esclaves découpaient la chair des cadavres  frais pour nourrir le peuple en liesse. Jour et nuit, sans cesse, sous les hurlements, les cris et les tambours, les prêtres officiaient jusqu'à s'écrouler d'épuisement à moitié fous, bientôt remplacés par des équipes nouvelles.

Les conquistadores, et il serait temps de s'éloigner de la «légende noire» étaient des gens comme vous et moi. Aussi brutals, guerriers ou criminels qu'ils étaient , ils étaient aussi capable de « décence ordinaire» confrontés à un système devenu fou ! «Il y a des choses qui ne se font pas !». Le message de la décence ordinaire doit être relativisé car « ces choses se font...», il y a des voleurs, des assassins, des escrocs etc... Mais à un certain niveau de folie collective, même le maffioso italien Luky Luciano, confronté au fascisme pouvait dire « non !». Le condamné de droit commun confronté aux exactions nazies pouvait ainsi rejoindre la résistance... Comme le dit Bruce Bégout, « la «common decency» relève toujours d'une confiance de la grande majorité des gens dans leurs valeurs morales communes « sans avoir besoins de les associer à quelque croyance transcendantale».

Cette valeur simple, innée chez l'homme, ce sont aussi ces mots que l'on entend depuis plusieurs années dans la bouches d'ouvriers et d'ouvrières, confrontés à cette indécence extraordinaire des patrons et du système. Ces mots simples, violents parfois ( Enculé !), sont aussi vertigineusement abrupt dans leur description laconique d'une réalité complexe. Ce cri de la décence ordinaire nous renvoi toujours à cette injonction fondamentale : « il y a des choses qui ne se font pas!». La décence ordinaire, au delà de la logique, au delà des chiffres et de l'économie, est hors de la compréhension des dirigeants. C'est cette valeur qui est chaque jour bafouée, traînée dans la boue, comme les prêtres aztèques traînaient les hommes et les femmes vers la pierre du sacrifice.

La lutte entre la période A et B se confond ainsi avec le combat final entre l'indécence extraordinaire et la décence ordinaire : « Ces choses ne se font pas !» et ces quelques mots sont déjà une déclaration de guerre.


29 septembre 2008

L'Amérique en faillite ?



























Les USA, au cours de leur histoire, ont survécus à la guerre civile, à la première guerre mondiale, aux nazis et aux nationalistes japonais lors de la seconde. Ils ont survécus à Staline, au MacCarthysme, à la guerre froide et à la mondialisation du terrorisme le 11 septembre 2001.

Lénine disait "les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendront". Pour une fois le chef bolchévique était proche de la vérité, sauf que le capitalisme américain n'a pas besoin d'acheter une corde de mauvaise qualité à un combinat soviétique, il s'est lui même confectionné les bacilles de son propre choléra en diffusant les subprimes dans la finance internationale.

Ces fameuses « subprimes» ne sont rien d'autre que le moteur du mode de vie à l'américaine. Ainsi, pour ceux qui connaissent cet étonnant pays, nous savons tous que les pauvres, les classes moyennes, jusqu'au bourgeois, tous achettent et revendent leurs maisons dans une sorte de frénésie albanaise. Aux USA, on s'endette au minimum pour 30 ans, mais le plus souvent pour la vie. Les enfants ne se font pas d'illusion sur un éventuel héritage... Il s'agit de faire comme tous le monde, accéder à la propriété, revendre et profiter du crédit pour s'acheter des voitures, envoyer les enfants dans des universités hors de prix et finir ses jours en Floride...

L'immobilier, pendant des décennies, resta le véritable moteur et la pompe à fric permettant l'american way of life. Cependant, vint un moment, pour les banques et les organismes financiers, où les dettes énormes contractés par les ménages américains devenaient difficile à conserver, surtout quand l'immobilier subissait quelques crises structurelles.

L'invention des subprimes permit ainsi de diffuser ces « actions pourries» dans la finance internationale en les mélangeant dans des «packages» d'actions où elles étaient sensées disparaître comme des poissons dans l'eau, ou, selon une autre métaphore, comme une eau contaminée dans la mer...

Il existe une belle métaphore qui permet de bien comprendre le phénomène des subprimes, c'est celle de la technique de sabotage utilisée par des ouvriers du bâtiment mécontents... Ceux-ci s'amusent ainsi à mélanger des œufs frais dans le béton. Après quelques semaines le bâtiment ( celui de la finance internationale par exemple...) , commence à exsuder des odeurs pestilentielles de pourriture, on essaie alors toutes les tentatives pour remédier à cette situation, mais rien n'y fait... On se rend compte alors que la structure est contaminée, que les œufs se retrouvent un peu partout dans les murs de béton poreux, et qu'il n'existe qu'une seule solution... raser le bâtiment et tout reconstruire...

Maintenant, imaginons le pire, comme l'écroulement des plus grandes banques mondiales, et le phénomène de contagion qui suivra, comme les piliers d'un temple grec s'écroulant les uns sur les autres comme un jeu de dominos...

Il existe bien sûr des plans pour que les états puissent survivre à ce genre de situation apocalyptique, c'est, en première phase, la nationalisation et la mise sous contrôle étatique de la finance. La seconde phase consiste à fermer les marchés et arrêter les transactions. Les phases 1 et 2 sont déjà en place ( USA, UK, Belgique, Russie, Chine etc...). La phase 3 consiste à réduire l'activité du système bancaire afin d'empêcher une panique, et ne permettre aux individus de ne retirer, au maximum, que 70 000 euros en espèces dans leurs banques ( En France). Toutes les autres transactions étant suspendues et principalement les cartes de paiement, les émissions de chèques et les distributeurs de billets et autres ATM. Le résultat sera une rapide «pénurie» de papier monnaie, la faillite de nombreuses petites et moyennes entreprises, et le recours vraisemblable à des cartes de rationnement pour la population... La phase quatre consistera à installer des cordons militaires et policiers autours des villes, assortis de couvres feux et d'interdictions de réunions pour empêcher les pillages des grandes surfaces, les insurrections et l'exode de la population vers des horizons plus cléments... L'État d'urgence devra ainsi durer le temps nécessaire à la mise en place d'une structure financière de remplacement...

Mais tout ceci n'est qu'une hypothèse... Il se peut que le phénomène des subprimes soit résolu d'une manière rapide et définitive dans le genre « I want to kiss you very quick and very hard...». Dans ce cas, nous pouvons déjà en rire, c'est un peu le sens du titre de cet article qui se termine avec un point d'interrogation. Le pessimisme aurait consisté à mettre un point d'exclamation !


22 septembre 2008

Runaway Train


Runaway Train, sur un scénario de Kurosawa, est certainement l'un des plus beau film sur la liberté. Final grandiose.






29 août 2008

Tonight we fly (The Divine Comedy)



Magnifique et émouvante chanson du groupe "The Divine Comedy" - A écouter ( regarder) en même temps que le clip" commando" ( juste baisser le son de ce dernier) pour un effet PiF - perspective in fligth étonnant...

Commando (1968)

Under the volcano

28 août 2008

Adieu camarades ! (Tango-Carlos Gardel)



Adieu mes amis, camarades de ma vie,
Piliers bien-aimés de cette époque.
Aujourd'hui, je pars sans me retourner
Et demain, je serai loin de mes souvenirs

Adieu garçons ! Résigné je m'en vais
Contre le destin nul ne peut s'opposer
Pour moi tout est fini, la roue tourne
Et mon corps meurtri ne résistera plus

Venez vite à moi souvenirs d'un autre temps
Moments de grâce que nous avons vécus
Près de ma mère, sainte petite vieille
Et de ma petite amie que j'aimais tendrement

Ces jours heureux étaient plus beaux que le paradis
Fulgurance de l'amour à qui j'ai donné mon cœur.
Mais le Seigneur, jaloux de ses charmes, m'a plongé
Dans le golfe des peines en emportant ma belle

Je sais que Dieu est le Juge Suprême.
Je suis habitué à respecter sa Loi !
Mais je suis désormais libéré de son Joug
Je prends ma mère et mon amie, aussi.

Deux larmes sincères versées à mon départ
Dans ce lieu bien aimé ne les oubliez pas !
Et faites adieux à mes bons et chers amis
A qui je donne, mon âme et ma bénédiction.

Adieu compagnons et camarades de ma vie,
Piliers bien-aimés de cette époque.
Aujourd'hui, je m'en vais sur la route
Et demain, je serai loin de vos souvenirs

Adieu, j'ai déposé les armes et je m'en vais
Contre le destin nul ne peut s'opposer
Pour moi, camarades, c'est la fin du voyage
Et mon corps meurtri ne résistera plus

(Traduction et adaptation, Tristan Ranx, 2008)

25 août 2008

Heroes



I, I will be king
And you, you will be queen
Though nothing will drive them away
We can beat them, just for one day
We can be Heroes, just for one day

And you, you can be mean
And I, I'll drink all the time
'Cause we're lovers, and that is a fact
Yes we're lovers, and that is that

Though nothing, will keep us together
We could steal time,
just for one day
We can be Heroes, for ever and ever
What d'you say?

I, I wish you could swim
Like the dolphins, like dolphins can swim
Though nothing,
nothing will keep us together
We can beat them, for ever and ever
Oh we can be Heroes,
just for one day

I, I will be king
And you, you will be queen
Though nothing will drive them away
We can be Heroes, just for one day
We can be us, just for one day

I, I can remember (I remember)
Standing, by the wall (by the wall)
And the guns shot above our heads
(over our heads)
And we kissed,
as though nothing could fall
(nothing could fall)
And the shame was on the other side
Oh we can beat them, for ever and ever
Then we could be Heroes,
just for one day

We can be Heroes
We can be Heroes
We can be Heroes
Just for one day
We can be Heroes

We're nothing, and nothing will help us
Maybe we're lying,
then you better not stay
But we could be safer,
just for one day

Oh-oh-oh-ohh, oh-oh-oh-ohh,
just for one day

21 août 2008

Oraison Funèbre / Jérôme Datin (1979-2008)






















Koto ovotsal-Aitorc*1


Dans nos sociétés modernes nous avons parfois oublié le vrai sens des mots. Nous avons oublié que la consolation se trouve aussi au coeur des mots. Toutes les philosophies ne sont souvent qu'une tentative pour retrouver le sens caché de la réalité. Pour Socrate nous portons en nous les réponses à nos propres questions, et d'abord celle de l'homme confronté au destin. Pour le vieux philosophe athénien, l'homme peut parfois être le héros de lui même. Je parle bien sûr du héros dans le sens classique, c'est-à-dire le destin de celui qui va jusqu'aux limites extrêmes de ses possibilités. C'est la vision tragique du héros. Et si vous observez autour de vous, vous découvrirez parfois que les vrais héros existent. Lorsque Socrate a eu le choix de boire la cigüe, il savait qu'il entrait dans l'immortalité héroïque, dans la gloire éternelle, celle d'Achille et des héros tragiques de toutes les mythologies. Je pense alors à cette île de Lastovo que les Grecs anciens appelaient l'île noire parce qu'elle était recouverte de forêts. Une île au relief montagneux qui apparaît mystérieusement dans la brume; et qui se laisse entrevoir au travers des récifs et des îlots déserts qui la protègent. Une île oubliée avec ses baies secrètes, ses vallées cachées et ses collines recouvertes de Myrrhes et de fleurs sauvages. Cette île, plus que toute autre, réunit les caractéristiques des archipels décrits par Homère dans l'Odyssée. Il est parfois nécessaire de donner une personnalité et une âme à certains lieux, c'est ce que les peintres préraphaélites désignaient sous le nom de «génie du lieu». Cette île donc, Jérôme l'a aimé dès les premiers instants. Et si nous considérons les circonstances exceptionnelles de sa mort, il apparait qu'au delà de toute logique et au delà de toute rationalité, l'île a protégé Jérôme par deux fois. La première fois lorsqu'il a traversé ce pont de pierre, ce passage périlleux, sans le savoir. La seconde fois pour sortir courageusement d'une impasse, et puis, finalement, au delà de tout espoir, l'ultime passage, ce troisième acte vers la chute inéluctable. C'est le moment tragique vers un destin aux limites même de la vie. Il y a ainsi, par delà les siècles, un lien des liens, une «chaîne royale» depuis la main de Socrate s'avançant vers le calice mortel, et le pas d'un homme traversant un dangereux pont de pierre sous la voie lactée. C'est l'image d'une petite lumière dans l'immensité du Cosmos. L'image d'un météore fulgurant qui passe et qui s'éteint et qui reviendra, sous une autre forme, éclairer la vie de nos enfants, des années ou des siècles après nous. Il y a bien sûr le désespoir de la perte d'un être aimé, d'un fils, d'un frère, d'un cousin, d'un ami. Mais il y a une sagesse ancienne, il y a des mots simples qui se transmettent mystérieusement à travers les âges. C'est ainsi qu'une amie2 me parlait d'une phrase qu'une de ses tantes prononça sur la tombe de son fils mort à 20 ans: « Il a eu une vie, cette vie». Je crois que ces quelques mots dépassent en profondeur tout ce que j'ai pu dire précédemment. Ces mots, j'en ai la certitude, peuvent continuer à vivre et à se transmettre au delà de toute croyance, au delà de toute vérité, au delà de toute logique. Oui, Jérôme a eu une vie, cette vie, et c'était une belle vie.


Tristan Ranx, Caen, le 20 août 2008


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1- C'est la langue mystérieuse à base de « verlan » que Jérôme utilisait pour désigner l'île de Lastovo

2- Marthe Lazarus.

























Jérôme Datin à Locarno - Lac Maggiore- en Suisse (Tessin), le 4 août 2008

ENGLISH TRANSLATION (approximative...)

In our modern societies we sometimes forget the true meaning of words. We have forgotten that consolation is also at the heart of words. All philosophies are often an attempt to find the hidden meaning of reality. For Socrates we carry within us the answers to our questions, and primarily that of men confronted with destiny. For the ancient Athenian philosopher, man can sometimes be the hero of himself. I refer, of course, about the hero in the classical sense, the fate of he who goes to the extreme limits of its own possibilities. It is the vision of a tragic hero. And if you look around you, you sometimes can discover that the real heroes exist. When Socrates had the choice to drink cigüe, he knew he was entering the heroic immortality, eternal glory as Achileus and every tragic hero of all mythologies. I think about the island of Lastovo that the ancient Greeks called the Black Island because it was covered with forests. A mountainous island that mysteriously appears in the mist, and who suggests her presence through the reefs and deserts islets which protect her. A forgotten island with its secret bays, hidden valleys and hills covered with Myrrhes and wildflowers. This island, more than any other, meets the characteristics of archipelagos described by Homer in the Odyssey. It is sometimes necessary to give a personality and a soul to some geographical places, this is what Pre-Raphaelites painters called the "genius loci." This island, therefore, Jerome has enjoyed it from the earliest moments. And if we consider the exceptional circumstances of his death, it appears that beyond any logic and beyond all rationality, the island has protected him twice. The first time when he crossed the stone bridge, this hazardous passage, without knowing it. The second time to courageously break a deadlock, and then, finally, beyond all hope, the ultimate passage, the third act to the inevitable downfall. It's was a time of tragic fate to the limits of life itself. There is, across the centuries, a link of links, a "Royal chain" from the hand of Socrates near the deadly calyx, and that of a man crossing a dangerous stone bridge under the Milky Way. This is the image of a small light in the vastness of the cosmic universe. The image of a dazzling meteor passing and dispearing, and coming back in another form, years or centuries after us, illuminating the lives of our children,. There are, of course, the despair of losing a loved one, a son, a brother, a cousin or a friend. But there is an ancient wisdom with simple words that are mysteriously transmitted through the ages. Thus, a friend talked to me a sentence that one of his aunts spoke on the grave of his 20 years old dead son: "He had a life, this life." I think these few words are depth beyond anything I have said previously. These words, I am sure, can continue to live and spread beyond any belief, beyond any truth, beyond any logic. Yes, Jerome had a life, this life, and it was a good life.


Tristan Ranx, Caen. France. August 20 - 2008



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! PLAYLIST POUR ORAISON ! SPECIALE DEDICACE MILAN NEUMANN :


L'AUBERGE , chanson à base de slogans révolutionnaire de l' album " Brigitte Fontaine" de Brigitte Fontaine- disque Savanah, 1972.


















et.... THE LAST VALLEY de John Barry ( film de James Clavell)






"Chaque nuit est une autre nuit, et chaque jour a son chemin de Croix"
Jérôme Datin, 2008

"Every night is another night, and every day has its path to the Cross"
Jérôme Datin, 2008


RIP



13 août 2008

La dernière île : Jérôme Datin (1979-2008)



En mémoire de Jérôme Datin mort dans l'île de Lastovo le 6 août 2008
















03 juillet 2008

Reportage : la foire du boudin





















Un article de votre serviteur et envoyé spécial à la foire du boudin de Mortagne pour le magazine Standard.


26 mai 2008

Johnny Guitar : le thème

Johnny Guitar chanté par la chanteuse de jazz Peggy Lee :





Et la version "star trek" du groupe suédois "the Spotnicks" en 1962. On remarque au passage le caractère avant-gardiste de ce groupe au look futuriste qui n'est pas sans rappeller Kraftwerk ...


10 mai 2008

La seconde révolution française ?















Une seconde révolution française est-elle possible ? La question en elle-même à le mérite d'ouvrir un nouveau champ de possibilité sur le concept même de révolution. Ainsi, une révolution est toujours une réaction face à des présupposés ou des postulats considérés comme faisant parti du domaine de l'indépassable ou du sacré. La première révolution française était idéologiquement contre la féodalité, la monarchie de droit divin et l'Église. Elle opposait à l'Ancien Régime, le Peuple, la République et le Droit naturel. L'universalisme kantien devint très rapidement un effet particulièrement puissant de cette révolution dans le cadre de l'application du droit naturel à travers le code civil et le concept des droits de l'homme et du citoyen. Nous vivons aujourd'hui dans un monde né de la révolution française. Pour certains, la question d'une seconde révolution française ne se pose donc pas puisque les postulats de l'universalisme sont devenus indépassables et « sacrés ». Nous nous doutons bien cependant que c'est « ici » que se situe la problématique d'une seconde révolution… La question est donc de savoir si une « révolution » à l'encontre des nouvelles sphères du sacré est irrémédiablement un pas en arrière vers l'Ancien régime? La seconde révolution, considérée dans ce cas de figure, comme une force « réactionnaire » revenant à son point de départ à la manière d'un jeu à somme nulle ! C'est ici qu'entre en jeu la crypto-idéologie du Système qui considère que l'histoire ou la fin de l'histoire est un jeu de l'oie essentiellement fini dont toute tentative révolutionnaire ne serait qu'un obscurantisme ! Les causes différentes ne produisant pas les mêmes effets, Jonas Salk avait démontré que certaines valeurs considérées comme positive lors d'une période A, pouvaient devenir négatives lors d'une période B… Constatons que ce que nous considérons aujourd'hui comme des valeurs positives, ne sont peut être en fin de compte que de nouvelles valeurs négatives produisant des effets désastreux. Aujourd’hui, le nouveau champ du sacré englobe ainsi l'universalisme et la mondialisation mais aussi de nouvelles formes de religiosité comme l'écologie, les droits de l'homme, l'Onu, l'humanitaire. Il faut cependant préciser que l'acte écologique individuel n'est pas considéré comme une posture négative, mais que nous devons le discriminer par rapport aux grandes fatwas politiques et économiques. Il existe évidemment un changement fondamental d'échelle de valeurs. La prière du Croyant, par exemple, ne peut évidemment pas être mise au même niveau que les procès de l'inquisition ! La question que nous devons nous poser est donc toujours celle ci : à partir de quel moment un acte bénéfique peut se transformer en opium du peuple ou en totalitarisme ? Ainsi, la gymnastique, les tractions et les quelques pompes que vous pratiquez chez vous sont bien sûr bénéfiques, mais qu'en est-il quand cette même gymnastique devient un phénomène de masse, obligatoire et propagé par les services de la propagande étatique ou les médias ? Il en est de même de l'universalisme, de l'écologie, mais aussi de l'éducation, de l'alimentation etc. et d'autres sphères dont l'homme « révolutionnaire » n'a apparemment pas le droit de contester la légitimité… C'est pourtant dans cette sphère interdite, que l'on peut appeler dissidente, que se situe, d'une manière complexe, les racines possibles d'une seconde révolution française. Un comportement révolutionnaire consiste donc aujourd'hui à s'opposer dialectiquement aux nouvelles définitions du sacré, en leur opposant des concepts antagonistes qui ne sont pas un retour en arrière, mais la mise en place de nouveaux territoires. En reprenant les définitions deleuziennes, disons que la révolution est d'abord une machine de guerre nomade qui déborde des limes de l'Empire Mondial. S'opposer à la mondialisation d'une manière révolutionnaire, ce n'est pas faire de l'altermondialisme, mais reconsidérer sous une nouvelle forme les relations entre les individus dans nos sociétés. Les cellules amicales, fraternelles et le concept de réseau, peuvent ainsi s'opposer au concept universel de la mondialisation et des grands organismes supranationaux. Dans un monde devenu un grand marché multinational ou la notion de fair play économiques n'existe pas, les cellules de base de la sociabilité ont aujourd'hui une légitimité qui s'appuie sur le respect, l'entraide, la démocratie naturelle (celle d'un groupe d'amis), la liberté d'expression, la créativité et l'audace. Être révolutionnaire, c'est d'abord se poser la question de la survie de son mode vie, et de lutter pour que chaque cellule en contact avec nous, acquière une autonomie, et une résistance aux effets délétères. Il est bien évident que tout ce qui s'oppose aux réseaux ou micro réseaux, doit être combattu de la même manière que les révolutionnaires s'opposaient au féodalisme. Certains y verront le retour à un « nouveau féodalisme », considérant les cellules en réseau comme une nouvelle forme aristocratique assimilée à la nétocratie ! Mais de nouvelles causes produisant de nouveaux effets, ce retour aux cellules, au groupe ou à la bande « féodale » n'a plus rien à voir avec la théorie des trois ordres de l'occident médiéval. Il s'agit simplement d'un système négatif en période A, dont le modèle d'organisation devient positif en période B, tout en se transformant en un nouveau concept d'organisation. Ceci étant posé, la question de la seconde révolution française n'apparaît donc pas comme un anachronisme, mais la véritable question du droit naturel au XXIe siècle.


07 mai 2008

Le clip de Justice : la musique du stress




Stress , le clip de Justice est formidablement subtil. La violence gratuite à la Orange mécanique, ne ment pas. Lors de leurs actes délinquants, les impétrants de la bande à la Croix noire, s'en prennent avec humour et violence aux symboles mêmes de la société du spectacle. C'est un spectacle désolant il est vrai, celui des cités dortoirs des trente glorieuses, et des ombres fatiguées du métro miraculeusement réveillées par une belle ligne rouge. La bande est sociale, clanique et fraternelle. Elle s'oppose aux lâches individus néobobos, individualistes sans réaction, seuls, abandonnés à l'omnipotence menteuse de l'État, et qui sont frappés dans la démesure de leur propre impuissance. L'idéal de la Twingo et le mythe de la BX sont passés par la flamme catharsique . Le troquet minable, celui des brèves de comptoir et de la bière Météor, passe au laminoir joyeux de la destruction. Une faute de goût ? Non ! Le touriste pathétique se voit délesté de sa propre inconsistance photosensible devant la stupeur de ses hôtes pétrifiés de peur ! Nul vol, nul larcin, mais une volonté néo tibétaine de casser la marchandise crasse... A part un sac à main, mais c'est le jeu du sac au prisonnier, activité ludique et sportive. C'est aussi Renaud, et ses avatars du dégueulis d'arpèges, qui en prend pour son grade avec sa guitare sèche sous la pluie... Et puis la police ! Bienvenus dans la bande des Américains, casquette de base-ball et Rangers, gazant dans les souterrains du désespoir. L'Américain, enfin, abandonné par ses congénères et frappé au sol comme un Rodney King du pauvre, laissant derrière lui ses tonfas et ses formations administratives. Un beau clip ! Ni blanc ni noir, mais gris, comme la France d'aujourd'hui,. la couleur du stress !