17 juillet 2007

Encierro : la course à la mort du 12 juillet 2007













«
Hay sangre en la calle» ce sont les premiers mots que je prononce en entrant dans le café Iruña de Pampelune. Il est vide, immense avec ses deux bars qui avaient jadis écartelés Hemingway. J'ai l'impression d'entrer dans un saloon d'Abilène. Il y a de la sciure de bois sur le sol. Le barman répète après moi, songeur « sangre en la calle... No me gusta el encierro». Il y a quelques minutes, vêtu de blanc avec ceinture rouge et foulard des sanfermines, je me suis laissé enfermer dans l'encierro, « l'enclos », la course de la mort aux toros bravos. Nous sommes des centaines de « coureurs » à attendre, nous autres fanfarons, fous, inconscients, suicidaires, ou simplement vaillants et coureurs confirmés... Je suis placé dans la cuesta de Santo Domingo et je regarde avec appréhension la pente à gravir en courant. Que cette rue semble étroite et dangereuse... A 8 Heure précise deux explosions indiquent que les bêtes, une manade composée de 5 cabestres (boeufs) et des 6 toros bravos du Marquis de Domech, sont lâchées dans la course. La manade déboule à une vitesse endiablée, et je me mets à courir, choisissant le côté gauche de la rue, alors que les premiers coureurs sont déjà couchés sur le sol et piétinés sur la droite.... Je fonce, pas le temps de regarder en arrière. j'arrive essoufflé de peur à la place consistorial, une chicane dangereuse ou le gros de la manade passe en trombe. Soudain, c'est la terreur ! « Toro, Toro » le cri est une lanterne rouge. Un homme vient d'être encorné à quelques mètres de moi par le Toro « Universal » n° 69, qui décide de mener sa propre guerrilla en solitaire. Ce n'est plus une course, c'est un massacre. Je suis enclos dans une zone de mort, ou les mouvements de la foule, les cris, et les hurlements de panique répondent au taureau qui charge, enfonçant ses cornes dans les membres offerts comme une motte de beurre. Autour de moi les hommes tombent. Je profite d'une zone de vide au milieu de la place pour m'élancer vers Mercaderes la seconde chicane ou j'espère m'échapper. Universal avec ses cornes ensanglantées à eu la même idée que moi, et le voila qui larde la chair des coureurs sur mes talons. La bête frappe à gauche et à droite et se retourne, énorme avec ses 575 kilos et sa robe noire comme la mort. J'atteins la barricade au coin de la calle Estafeta. Je me fige, lorsque le taureau passe devant moi, et s'en va empaler un jeune mexicain dans estafeta, en lui perforant les entrailles et l'envoyant en l'air comme une marionnette. C'est trop ,je me retire de la course, devant moi une dizaine de coureurs gisent dans leur sang. « Hay sangre en la calle ».




Cette caméra "embarquée" par un inconscient montre mon point de départ au niveau du drapeau chilien au premier étage d'un immeuble de la cuesta de Santo Domingo. Cette vidéo date du 8 juillet, mais est cependant similiaire au début de course du 12. Tension des coureurs avant le départ, course folle et panique...




la course dans son ensemble. éviter de regarder la fin si vous êtes sensible...



10 commentaires:

cabeza de vaca a dit…

Après ça il ne reste plus qu'à faire du saut de mines en Angola...

Maknovisto a dit…

http://comebackalive.com/site3.php

le guide touristique des endroits les plus dangereux...

Les bobos n'ont plus qu'à retourner se branler devant leur film érotique du dimanche soir.

Balou a dit…

Dire que je me suis fait chier sur second life, alors qu'on peut jouer à des jeux video grandeur nature dans la real life !!!

Ici dort Duc 4$$ a dit…

Un coup de corne t'es cocu t'es mort : c'est dur la vie parisienne ?

Monsieur Odin a dit…

Corne d'Auroch, mon nom n'aura pas été invoqué pour rien !

Anonyme a dit…

je suis un coureur d'encierro confirmé. je cours beaucoup devant les toros en espagne. on fait pas ça juste pour se jouer la vie. on fait aussi ça car on aime le taureau et que l'on a ça dans le sang. juste je te corrige, il n'y a pas 5 toros bravos mais 6 et après il n'y a aucunes vaches. il y a juste des cabestres qui servent à mener les toros mais tu ne risque rien avec eux car c'est des boeufs.

Tristan Ranx a dit…

Merci pour les précisions sur les 6 toros et les 5 cabestres.(le nombre était bon mais pas la classification...) je dois dire que moi aussi j'ai aimé ce toro, c'était une belle bête sauvage et brave cet Universal n°69. Je crois que je lui ai rendu hommage en quelque sorte avec ce petit texte...qui n'a d'autre vocation que de traduire une certaine ambiance, même si je ne suis pas un coureur confirmé et que je ne le serai jamais. Je vais corriger mes erreurs de débutant ...

Anonyme a dit…

tu peux devenir très vite un coureur confirmé. je n'ai que 24ans. seul l'aficion te mène devant un toro. pour ce fameux toro n°69, il en existe plein d'autres des comme lui. au point que je ne retienne jamais leur nom ou leur numéro même pour ceux qui te blesse. si tu veux des renseignements. hésite pas à demander

Anonyme a dit…

Bonjour à tous !

Nous sommes un collectif artistique et souhaitons réaliser un court métrage sur un coureur d'encierro à Pampelune.
Nous cherchons donc un vrai coureur, disponible pour 2 semaines, avant les fêtes, et pendant les fêtes, ce qui voudrait dire du 1er Juillet au 15 Juillet environ, dépendra de l'avancement du tournage.

Le tournage se fera en espagnol.

Nous développerons l'histoire sous forme de faux documentaire.

Si vous êtes intéressés, veuillez nous écrire à martinharriague@free.fr

Merci à tous !

rajudrum a dit…

je déteste les hommes qui croient aimer et s'amuser avec les animaux.

Allez au zoo ou en forêt et apprenez à admirer ces êtres en tout points supérieurs à nous.